Cent papiers

 

Il a crié : « sans-papiers » ?

Et moi, la tête dans les nuages,

 je vois une histoire de cent pages...

 

Nuage2

 

10 papiers pour des nuages rayés comme la fenêtre d’une prison

10 papiers pour des nuages quadrillés comme les rues d’une ville

10 papiers pour des nuages  à pois noirs comme  des champs minés

10 papiers pour des nuages à grosses vagues comme celles qui l’ont porté jusqu’ici

10 papiers pour des nuages avec les croix des amis morts

10 papiers pour des nuages en boucles comme le bruit des grenades dans sa tête

10 papiers pour des nuages aux pointes émoussées,  battements d’un cœur meurtri

10 papiers pour des nuages en dents de scie comme le désespoir

10 papiers pour des nuages en pointillé comme la vie de tant de familles

10 papiers pour des nuages noirs,  noir comme le désespoir

 

Nuage1

10 paquets de 10 papiers que je vais coudre de fil blanc

100 papiers qui, à l'origine

Ne servent pas à grand-chose

Ils s'appelle papier hygiénique...

 

 

 

100 papiers qui raconteront l'histoire d' 1  sans papier....

 

100 papiers

 

Migrant, une histoire cousue de fil blanc

Étendue sur le fil rouge d’une vie…

 

 

 

  jamadrou © 6 avril 2016    (Fil de vie)

 

 

Imprégnée par cette histoire en ragardant ce matin (17 avril)  l'oeuvre de Tilk

 

J'ai vu:

 

L''écume blanche des vagues rouges de 100 papiers collés, rassemblés,

 qui se dépose sur le parchemin de la carte du monde....

 

 

 

 

Commentaires (3)

Aloysia
Oh, les papiers... Je ne peux pas m'intéresser aux papiers... Cela me rappelle la chanson de Régine "les p'tits papiers". C'est rien le papier !! Le problème pour les migrants va bien au-delà !! Si ce n'était qu'une histoire de papier il n'y aurait aucun problème ; du papier on en produit à la pelle (quand c'est pour faire des billets de banque par exemple !) . Mais le pb des migrants c'est un problème de peur, de haine, de repli sur soi. C'est le problème d'une invasion de masse par une population considérée comme "l'inconnu" et particulièrement déferlante sur un peuple recroquevillé sur lui-même parce qu'écorché et souffrant. C'est un peu un séisme, une catastrophe naturelle. Le papier n'est qu'un pauvre paravent contre la montée d'un raz-de-marée.
margimond
Ne serait-il pas plus juste de jeter ces papiers là où justement ils devaient finir... Pour rêver que cela n'a jamais existé.
jamadrou
  • 3. jamadrou | 18/04/2016
Aloysia, Margimond m'a donné une réponse
Margimond, Aloysia m'explique la futilité, l'inutilité de mon papier du jour.

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